04/07/2011

Scission

Réflexions sur le queer, ici

13/06/2011

QUEER DROSERA FOREVER.


C'est dingue, dès que vous décidez de dire « fuck », toute la panoplie de gens qui viendront vous dire « arrête maintenant t'es ridicule ». SURTOUT parce que le corps que vous vous trimbalez est féminin, que (pour l'instant) vous vous grimez en fille et qu'on vous a toujours rangé/e dans la catégorie « femme ».
J'ai désormais décidé d'être ce que je VOULAIS être. Non plus ce que les regards externes m'imposent, non plus ce que « par amour » on a osé il n'y a pas très longtemps me demander de sacrifier, non plus ce que certains pensant bien faire se permettent de censurer en ouvrant leur grande gueule.
Maintenant prenez-moi comme ça ou dégagez.
Je ne suis pas une femme. Je n'ai pas envie de « faire femme ». Je suis encore moins un homme, parce que je n'en peux plus des étiquettes, je n'en peux plus de devoir me reconnaître dans un des deux groupes sexuels en vigueur et CHOISIR. J'ai juste envie d'être moi. Je voudrais m'habiller sans devoir souscrire à des codes, aller taper au rayon homme ET au rayon femme et pouvoir permettre un doute TOTAL. Bon pour l'instant ceux qui me connaissent diront que je balance n'importe quoi parce que j'ai que des vêtements de fille dans mes placards. Mais attendez que je décroche l'agreg et vous verrez ce que je vais faire de mes 2000€.
Par conséquent j'en peux plus non plus de la grammaire, cette grammaire que je dois enseigner mais qui commence sérieusement à me provoquer la nausée. Cette grammaire qui m'impose de devoir écrire des adjectifs avec un -e au bout et qui de fait me range et impose de ranger les gens dans une catégorie bien définie. Aujourd'hui j'ai décidé de bidouiller cette grammaire de telle sorte que je puisse être libre du -e ou de son absence. Je ne suis ni homme ni femme, ça passe aussi par la langue, et effacer le moindre signe distinctif me permettra enfin d'imposer tout mon être.
Je suis d'autre part un/e être arrivé/e à maturité sexuelle. Un/e être qui ne renseignera personne sur le quotidien de sa vie sexuelle, faire un sex blog ne m'intéresse pas, mais qui a son petit avis sur la question, qui est même franchement GRAVE intéressé/e par la question, qui n'hésite plus à balancer des trucs pervers, parce que ça fait partie de moi, parce que j'aime ça. Je ne suis pourtant pas pervers/e. Je ne suis pas dévergondé/e. J'ai juste un corps et je l'assume. Je regarde du porno, je lis des blogs sexuels, et ma plus grande héroïne actuelle se nomme Judy Minx. Je ne fais pas que ça, j'ai une vie en dehors du sexe, je fouine dans plein d'autres choses. Mais comme mes yeux bleus et mes cheveux noirs, ça fait partie de moi. Et quiconque me prendra pour un/e gros/se pervers/e peut se permettre de fantasmer si ça lui chante, c'est son affaire. Je lis aussi la Bible et qui n'a jamais péché me défonce la gueule à coup de parpaing, j'en ai déjà assez reçus comme ça, je commence à avoir l'habitude, don't worry, PETIT mais COSTAUD.
Mon prénom sur la carte d'identité n'est pas celui que j'ai choisi. Merci de ne plus l'employer, sauf pour les gens qui m'ont toujours connu/e sous ce nom-là, pour qui il serait trop choquant de m'appeler autrement. L'administration aussi, mais on s'en fout, c'est le huitième cercle. Je m'appelle Alyce Dévore. Et plus que jamais aujourd'hui, je refuse de choisir entre Alyce, passe-partout à travers chaque étape de mon périple, et Dévore, accomplissement parfait, marque apposée sur ma peau, signature. Alyce Dévore, Dévore Alyce, c'est moi. Aujourd'hui je prends enfin vie. Alors aimez-moi, aimez-moi juste comme ça, ou taisez-vous. Par-delà le bien et le mal je me dresse face à vous, et je lève les paumes, et je fais chanter la pluie, et je fais pousser des milliers de plantes carnivores.

08/06/2011

Vulnerability.

Par amour je te quitte, par amour je te laisse, par amour je t'abandonne, par amour je te mets une baffe, et désormais par amour je détournerai le regard, par amour je ne te parlerai plus, par amour je t'enverrai valdinguer loin de moi, par amour je changerai de trottoir, par amour je ne lirai plus tes mots, par amour je ne te dirai plus que je t'aime, par amour j'éviterai les lieux que tu fréquentes, par amour je ne rêverai plus de toi, par amour je refuserai d'ouvrir tes lettres, par amour j'oublierai tes sourires, par amour j'effacerai tes photos, par amour j'oublierai nos souvenirs, par amour je prendrai une gomme et schlash, schlash, de grands traits sur ton portrait, par amour je coucherai avec d'autres, par amour je ne reconnaîtrai plus l'odeur de ta peau, par amour je ne songerai plus à ta gentillesse, par amour je ne trouverai plus tes mains belles, par amour je me laisserai laver par la pluie, par amour je contemplerai les couchers de soleil seul, par amour j'irai cadenasser le Pont des Arts seul, parce que je ne pleurerai plus pour personne, parce qu'il est enfin temps pour moi de me mettre à vivre.

06/06/2011

I'm yours you're mine

Il y a la fatigue, il y a le parpaing, et il y a la mort, toujours la mort qui rôde et soudain chatoiement ta voix au téléphone encore et qui s'étend je t'avais oubliée mais ton espoir est là toute belle et si sauvage indessinable aimant, exigence du possible ma douce, mon idéal, ma soif et mon sommeil, ma nuit et mon réveil, face cachée de mes sangs la rose pourpre et le jonc qui siffle et qui s'inonde, la rivière en torrent et comme après la pluie ta voix qui s'amplifie ma toute douce et ma blanche ma coke et mon jasmin, criée sur les rochers tu te développes et planes un voile pur à ta taille et les flots de tes robes volent au vent de nouveau, mes vents dans tes cheveux le sel sur tes paupières tes yeux nacrés d'amour, tes yeux pleins de vie d'aube, ô ma douce, ô ma belle, si tendre Caramelle

25/05/2011

Mais dans mes rêves j'inonde.

Une cigarette éteinte, il est deux heures du matin, on danse et on oublie, oublie-moi, on oublie qu'on va mourir et qu'on danse pour rien, on oublie que le visage en face est un paquet de chair, on oublie que son propre visage ne percevra jamais plus ni caresses, ni soupirs, ni sperme ni rictus d'angoisse et de larmes sans fin coulant parmi les zones comme un arbre qui pleure sur sa vie désolée je n'ai rien à t'offrir de ne pouvoir rester et contempler encore le ciel qui s'éteint l'herbe qui se dessèche les maux que l'on endure et les planètes qui tournent si petites et immenses petits points de soudure qu'autrefois on prenait pour des déchirures que l'idée de la mort autour de soi du corps et des frissons de l'orgasme au matin et de vilains souvenirs comme un astre qui meurt chaque seconde goutte de sang ploc ploc sur le carreau de la cuisine de nos têtes et nos cœurs et te savoir en vie pourtant tout ce qui sauve un soupir sur la nuque un cri dans tes murmures un bleuet sur ta peau tes lèvres qui sifflotent et tes mots et tes mains balancées vers le vent la chaleur des entraves et le cœur dans la gorge à croître toutes ces larmes aperçu d'un moment tout ça est dans ma tête on devient fou ici tout ça est dans ma tête et de nouveau on danse de nouveau on oublie

11/05/2011

Horizon.


De ton nez, de tes lobes, de tes mains, de ton ventre, de ton sexe, de tes os, de tes muscles, de ta chair, de ta voix, de tes notes, de tes doigts, de ton souffle, de tes dents, de ta bouche, de tes yeux, de ton front, de ton crâne, de ta nuque, de ton dos, de tes fesses, de tes jambes, de ton cul, de ton cœur, de tes rêves, de ton autre, de ta mort, de ton même, de tes ongles, de tes pieds, de ta tête, de ta nuit, de ta soif, de tes mots, de tes creux, de ton fil, de ta taille, de tes pleins, de ton tendre, de ta rage, de ton noir, de ton bleu, de ta joie, de ton rose, de ton rire, de tes cris, de tes peurs, de tes craintes, de ton vide, de ton rien, de tes larmes, de tes lèvres, de ta faim, de tes formes, de ton tout, de ton être, de ton jour, de ta vie, suivre de ma langue la ligne infinie

10/05/2011

L'inconnu.

Il pleut un ciel si bas que le mieux serait encore de se mettre à l'amnésie, de t'oublier dans un coin et de voguer de nouveau pour moi-même. Pourtant l'idée de te savoir en vie m'est devenue si précieuse qu'un écran désormais improbable se hausse désormais entre la vie et le néant, permettant à l'existence d'atteindre son summum et de devenir ce qu'elle n'a jamais été auparavant, une course impromptue jouissant du moindre espace. Tu n'es apparu dans ma vie qu'une fois l'an mil écoulé, jusqu'à perturber l'épiphénomène d'autodestruction qui alors m'habitait. Je n'ai de cesse de pleurer, je me bouleverse d'un tout et d'un rien, une musique qui bat son plein, les cadenas des amoureux parfois brisés, parfois obsolètes. Je vogue et j'erre et rien n'est plus palpable à présent, rien de plus que ton regard où brille encore une lumière morte, où ce que tu contemples n'existe plus. Or la souffrance qui t'habite m'habite aujourd'hui désormais, à point de non-retour le chant des derniers vivants avant la résurrection, l'apocalypse qui est tienne à tel point qu'un air de piano sur le rebord d'une vague ne parvient même plus à te décrire. Ta présence me chiffonne et m'apaise et me torture et me dénoue, la gorge serrée je me mets à courir de nouveau, toi dans ma tête, toi un mort qui n'as pourtant pas pu mourir tout à fait, et si je suis en vie aujourd'hui c'est grâce à ta voix, grâce à toi, au point de redevenir moi-même ou de le devenir, enfin, danse perpétuelle dans des flots d'amertume et de jouissance, hybridation totale, un battement sourd et obscur qui habite désormais mes entrailles, foi si profonde et enfouie qu'on en pleurerait presque les anges de n'avoir pas de sexe. Tu es pourtant l'ange qui grésilla mes brèves nuits blanches, un pied fané sur l'étole de nos pensées. Éduquer ma sagesse, comprendre la tienne, tisser nos nuits et nos jours de silence. Désormais je me tiendrai à l'écart de tes perceptions, je n'habiterai plus ces songes qui sont parfois tiens,je serai seule la lumière invisible de tes débuts de matin, je remplacerai le corps qui te manque et dans le creux de tes mains je prendrai forme, enfin.