03/04/2013

Mon mort est revenu, le temps de larmes, et j'ai enfin pardonné.



Il est temps de reprendre chemin.


02/04/2013

En ces temps de deuil chanter est seul ce qui console.
Écrire me fait mal, si mal. Seule avec les mots je me cogne encore et encore. Ça ressemble trop à la vie.
Chanter seul espoir dernière ressource.
Après cela il n'y aura que le rien. Le vide.

Je perds mon cerveau. J'ai perdu l'anglais. J'ai des trous de mémoire. Lui aussi, il se vide.

(Pourquoi.
Pourquoi je m'accroche encore.
Pourquoi je me retiens : au dessus de moi, comme en dessous, il n'y a rien.)

Je ne suis qu'une forme
Aux contours incertains
Avec un coeur morne un tantinet hautain
J'avance à l'aveuglette et je suis mal lunée
Une pièce sans fenêtre avec vue sur mes pieds

Je ne fume plus mais je pars en cendres
Combien de temps me faudra-t-il encore t'attendre

29/03/2013

Perdue

Modèle absence

Alcool ami

Crevez
Vous qui vous croyez plus vivants que vous-mêmes

Il n'y aura
Plus de rédemption
Il n'y aura

Que l'air du temps railleur
Pointant du doigt

J'ai perdu ma propre vie
Au sein d'un cratère

Déjeuner d'os et de scaphandres

Haine
Incarne
Corbeaux
Mal immense

Crevez
Vous qui vous croyez plus clinquants que vous-mêmes
Crevez

27/03/2013

Oh, Tristesse.

Je me relis.

Depuis deux ans, déjà.

Tant a changé.

Mon écriture même est moins déchaînée.


J'ai vieilli, un appart, un boulot, mon chat de quatre ans, célibataire abandonnée.

Je suis de nouveau une soumise à la langue.


Je ne sais plus ce que je suis.

Je suis vide.

Démotivée.

Dépressive.

À tel point que même mon psychiatre a laissé tomber.


J'ai aimé.

Encore.

Deux, trois, quatre garçons en même pas deux ans.

Je ne sais plus.

Ma tête est vide, mon coeur de glace.


Parfois je voudrais m'effacer, banalité.

Mais oui tout va bien. Tout va bien. Mais oui tout va bien.

Alors si c'est le cas, pourquoi j'ai arrêté d'écrire, si longtemps.

Pourquoi je ne ressens plus rien.

09/08/2011

Gobi & Sibérie.

Il est une heure du matin, je pleure.

Le clavier m'est encore étranger, les murs n'ont pas mon odeur. Le chat tourne en rond. Tous ces gens, toutes ces voix, ces coalitions, ces mensonges, ces trahisons. Je pleure. Songer à ce qui fut perdu, ce qui fut dépouillé, incompréhensions, haines, distances, maladresses, incommunicabilité. Peut-être a-t-on trop vite changé. Peut-être n'y a-t-il rien d'autre à faire que le silence, hausser les épaules, laisser parler, laisser dire. Des mots, favorite groupie ; d'autres mots, groupie de toi-même ; celui-là qui disait aussi, reine de ton ciel ne te cache plus. Je pleure. En cet instant je suis désespérément fille.

Ce clavier qui incite à écrire, ces mots dissimulés, le vent est fort la nuit est noire, goût d'amertume. Penser à l'absence, tout ce qui a brûlé, tout ce qui fut détruit. Pleurer encore. Prendre dans ses bras. Où donc sommes-nous allés. Que sommes-nous devenus. Le vide et les fantômes. Le regret, les absences, les éternités. 

Il est une heure du matin, je pleure, le chat tourne en rond, les murs n'ont plus d'odeur. Il reste des miettes, des bouts de soi, des particules. Des mains lavées au savon, trop de preuves compromettantes. Ces trahisons, ces défauts qu'on prend pour de la rage. Cette chanson qui pique d'autant plus les yeux, born illegitimaly, cette chanson et ces mots de toi. L'émotion qui encore envahit, trop de, haine douleur rage tristesse pitié douleur rage attendrissement soleils lumières émerveillements amours. Cette absence. Où donc est-elle allée. T'attendre. Toute ma vie, t'attendre. Pari parmi les plus fous. Tu ne me croiras jamais, mais t'attendre. Je pleure, il est une heure du matin, le chat tourne en rond, mais aujourd'hui, another day, another place, another life, another me.

04/08/2011

A. - Que reste-t-il de nos amours?
T. - Rien. 


28/07/2011

Je n'ai jamais été une petite fille.

Une espèce de développement un peu à côté, on va dire inspiré par, ou presque, enfin autour de Clémence Veilhan, après avoir visionné sa série.

A. : "Tu fais partie des trois personnes sur terre qui peuvent se permettre de dire quelque chose."
T. : "Pourtant personne devrait pourvoir se permettre. Aie donc un peu d'amour-propre."




Il ne faut pas trop s'en faire. Pour sa vie. Il ne faudrait jamais la comparer avec la vie des autres. Pourtant c'est ce que nous faisons tous, toutes. Parce que nous avons une putain de morale implantée dans le cerveau, dans la zone grise des émotions. Une putain de morale qui ose nous dire que nous ne valons rien, que nous ne sommes que des plaquettes de globules de pluie crade qui ne servent à rien sinon à encore plus empoisonner le monde avec de l'acide. Nous sommes coupables et victimes de nous laisser faire par cette putain de morale, nous refusons l'amour-propre sous prétexte que c'est mal. Mais dites-moi donc ce qu'est le mal. Dites-moi donc au nom de quoi nous continuons à nous écraser encore et encore. Dites-moi donc pourquoi nous baissons les yeux face à la critique de celui d'en face alors que celui-là n'est même pas foutu de constater que sa vie à lui aussi est moche, parce que lui aussi, il fait la comparaison, mais dans le mauvais sens, il est persuadé qu'il est meilleur que tout le monde. Pourquoi on se compare toujours à tout le monde. Pourquoi toujours ce goût de la compétition. C'est encore plus vrai pour les filles. Parce que les filles aiment bien le stigmate de la culpabilité. Parce que les filles elles doivent composer avec un monde qui a appris que c'était de la faute de la femme si tout allait mal, tout ça parce qu'elle a été trop curieuse. Femme ferme ta gueule, tu vaux tellement mieux comme ça. Ne te mets pas trop en valeur, car tu seras toujours moche, tu le sais, mais malgré ça prépare-toi à te dire que si tu te fais pas sauter avant vingt-cinq ans c'est qu'il y a un problème. J'ai envie de dire et alors. Mais qu'on arrête d'écouter cette voix, qu'on arrête de pleurnicher sur soi, qu'on se redresse et qu'on gomme la morale. Par-delà le bien et le mal. Même pas vouloir tout détruire, juste hausser les épaules. Laisser les autres continuer de cancaner. Et penser enfin qu'on vaut quelque chose.