05/05/2011



we want intimity
We Want Intimity
WE want INTIMITY
we WANT intimity
we want INTIMITY
WE WANT intimity
wE wANT iNTIMITY
WE WANT INTIMITY


03/05/2011

Silence des fontaines.





J'ai pris cette photo dans un état de grande mélancolie. Parfois les doigts et les yeux expriment bien plus que ce que voudraient signifier les mots. On se retrouve là, les bras ballants, à se demander ce qu'on pourrait bien dire. Alors qu'à gros bouillons presque juste en-dessous de la surface les sentiments affleurent, se déchaînent, s'évaporent comme autant de préludes au déluge et tsunami. Les larmes coulent sans qu'on sache très bien pourquoi. On est bouleversé, juste bouleversé. Et le temps, un instant, s'arrête dans ce qui nous paraît être un infini perpétuel, où tout est déchiré, et où les sensations les plus noires affleurent. On voudrait tuer, briser, mais aussi embrasser, arracher la peau, entrer en symbiose avec l'Autre et devenir ce qu'on n'a jamais pu être.


02/05/2011

Miroir brisé.


Certains amours, même lorsqu'on ne les vit pas personnellement, font pleurer lorsqu'ils se terminent. Font pleurer parce qu'on se sent impuissant. Parce qu'on sait déjà qu'irrémédiablement c'est aussi dévastateur qu'une mort : ici ce sont des souvenirs qui partent tout en ayant auparavant pris le dessus. 
Alors on détourne le regard. On écoute des jolies musiques. On s'en veut d'être aussi impuissant, aussi faible. La poitrine arrachée s'en veut de ne plus pouvoir jamais sourire. Aimerait pouvoir revivre. Mais le peut pas. Tout ce qui rôde encore dans la pièce est l'odeur de l'Autre, l'empreinte de ses mains, un vêtement oublié. Rien à faire : il faut accepter, une part de soi est bel et bien morte, et il va falloir vivre comme ça, un morceau de son coeur servant de pâture aux chiens du désespoir.

20/04/2011

IRL Qu'on arrête un peu.

Juste un coup de gueule, j'en ai marre de tomber sur ces saloperies de blog de prétendues "lesbiennes militantes féministes" qui prétendent vouloir défendre à tout prix leur caste mais au prix de quoi, faire subir à la moitié de la population ce que les ancêtres de cette moitié de population ont fait subir à la leur. Faut arrêter le délire, il y a certes encore beaucoup à faire, mais les hommes ne sont pas la bête noire, les hommes savent aimer aussi, les hommes ont encore de quoi nous transmettre, les hommes, tout simplement, méritent le respect. C'est comme ce prix littéraire-là, le Prix des Lilas, qui sous prétexte de féminisme exclut l'homme du jury et des concourantes. On nous enferme peu à peu, on s'enferme peu à peu dans un ghetto exclusivement féminin où le culte du corps parfait et jeune est pire que jamais, où s'impose peu à peu une tyrannie effroyable, celle de la misandrie, aussi infecte que celle qui consiste à brimer les femmes. Nous sommes tous des êtres humains, avant toute chose, peu importe ce que nous avons au fond du pantalon, nous sommes tous vivants également sur cette maudite Terre - et merde, quel intérêt à la haine, dites-moi?
Et pour les lesbienno-féministes outrées par mes propos, je rappelle que je suis sexuellement et génériquement femme, et queer, avec une sexualité qui exclut justement la préférence générique et sexuelle. Bref.



Nous portons tous nos morts en nous. C'est pour cela qu'il faut continuer à vivre. Et un jour, nous aussi, nous serons les morts de quelqu'un.



13/04/2011

Ritournelle




Oh jamais, grand jamais, la vie aussi compliquée / c'est pourtant ce qui fait d'elle / une explosion en vent plat / bras peu à peu dessillés / dévisagent, sémaphore / obscurcissement volontaire / d'une pensée qui tournoie


31/03/2011

IRL #13

Je change. Ma vie change. Le monde change. Mes amis commencent à s'apercevoir que tout ça a changé, que la pleurnicharde d'il y a trois mois est en train de mourir. A la place un corps qui s'accepte, qui demande à découvrir, ne plus effleurer ses désirs ni sa sexualité, plonger dedans, y goûter, la dévorer, encore et encore. A la place un affect qui s'est rendu compte qu'à force de trop s'inquiéter les gens fuyaient, ou n'osaient pas s'approcher. A la place un intellect qui essaie de relativiser, tout relativiser, oui la vie est très dure et oui l'indépendance, vive l'indépendance, même au prix de tant de choses l'indépendance. Ne plus pleurer pour rien. Ne plus se plaindre de tout ce qu'on possède, car tout ce qu'on possède, même quand ce n'est pas grand chose, est richesse immense. Relever la tête. On s'attendra de nouveau à tomber quelquefois, de nouveau à désespérer, mais on l'accepte désormais. Sans ombre il n'y a pas de lumière, disait cet ami-là. Quelquefois des coups durs -oh tellement, tellement de coups durs en si peu de temps- mais oui, toujours relativiser : le monde est un changement perpétuel, l'instant d'après ne sera pas aussi difficile et même s'il l'est, même s'il est même encore plus dur, les belles choses continuent d'apaiser la douleur immense.
Voilà, Papa, tout ce que tu m'as appris depuis que tu es parti. Nous ne discutions pour ainsi dire jamais, mais maintenant que tu vois tout, de là-haut, tout autour du monde et de moi, de nous, tu m'as envoyé tout ça. Je commence à peine à me faire à l'idée que tu as disparu, que jamais plus tes mails ni ta voix. De temps en temps la larme à l'oeil. Je ne sais pas si c'est du manque, c'est peut-être juste constater que la vie continue irrémédiablement, fauche irrémédiablement, parfois quand on ne s'y attend pas. Alors profiter, aimer, danser, rire, pleurer, se mettre en colère, faire l'amour, faire la guerre, et profiter de tout ça.
Je me remets à écrire.
J'aime Paris à folie. Paris est pleine de vie. Qu'il s'agisse de contempler le lever ou le coucher de soleil d'un pont ou d'un autre, de faire du vélo toute la nuit, de découvrir un autre et de prendre son temps, d'accepter que tomber dans des bras peut prendre du temps, de simplement errer, de boire des vodkas bizarres ou de hurler d'émerveillement devant tant de lumières, tant de beautés, fragiles et instables, c'est là qu'est la vie. C'est là qu'est ma vie, à présent.